4 février 2014
BASTIR ! a
validé plus de 60 candidatures à ce jour, et
d’autres vont venir avant la date de
dépôt des candidatures pour les municipales. Des
candidats qui se présentent en portant des projets qui sont
clairement revendiqués comme occitanistes, c’est
le projet BASTIR ! Tout cela est en train de prendre forme.
Tolosa
: l’amassda de BASTIR ! dissabte 1 èr de
heurèr . Mei de 60 candidats son estats validats.
D’autes que ‘n seràn abans que sian
clavadas las candidaturas ( Fòto Cynthia Le Baron)
Certes
c’est un projet qui demande des explications puisque BASTIR !
N’est pas un parti politique et que les candidats aux
municipales viennent d’horizons divers. Ils ont en commun de
porter des projets concrets pour les villes et les villages dans
lesquels ils sont candidats. La journée de travail qui
s’est tenue à Toulouse le 1er février a
permis de faire se rencontrer des candidats qui ne se connaissaient
pas. Ils ont pu débattre de leurs expériences et
de la façon dont ils pourront, s’ils sont
élus, agir concrètement et se retrouver plus tard
pour travailler ensemble.
Le mouvement
culturel et associatif occitaniste s’interroge
évidemment sur ce que peut apporter BASTIR !
A en croire le
débat qui a eu lieu à Pau samedi 30 janvier,
auquel BASTIR! avait invité les responsables associatifs du
Béarn, la démarche est plutôt bien
reçue. Chacun comprend que l’engagement des
candidats est une façon de mettre l’occitanisme et
ses projets dans le débat public. Et on voit bien que
partout où il y a des candidats fleurissent des articles
dans la presse, des débats concernant des projets
portés par ceux qui se sont engagés dans ces
municipales.
Il existe un
mouvement social, il existe un occitanisme qui n’a pas la
carte d’un parti, d’un syndicat ou même
d’une association. C’est aussi celui-ci
qu’il faut tenter d’intéresser, de
mobiliser.
BASTIR ! est donc
une façon d’interroger l’occitanisme
politique et culturel sur la façon dont il devra travailler
dans l’avenir. Se posent des questions
d’organisation mais aussi de façon de faire passer
un certain nombre d’idées dans la
société.
Il
est de notre devoir de réviser de
régulièrement la façon dont nous
devons nous présenter face à la
société occitane.
L’occitanisme a fait la preuve de sa capacité
à travailler sur le mode associatif. Il y a
été productif et inventif mais le niveau
associatif a ses limites lorsqu’il s’agit
d’aider à la mise en place de politiques
publiques. L’associatif joue de son influence, peut
être un groupe de pression et quand il met 10.000, 20.000 ,
30.000 personnes dans la rue comme l’a fait
l’occitanisme ces dernières années lors
des manifestations de Anem Òc ! il est d’une
grande utilité.
BASTIR
! pose maintenant le problème de l’intervention
dans la vie publique ; mais l’intervention directe, celle qui
fait que les dossiers sont pris en main par des occitanistes qui les
portent dans les assemblées
délibérantes et en font des
éléments de ce qu’il est convenu
d’appeler la chose publique.
Non,
la création d’une école associative
n’est pas l’affaire d’un groupe, pas plus
que la création d’une école bilingue ;
c’est un acte de politique éducative, sociale.
Non
la prise en compte de la langue comme élément de
l’identité d’une région
n’est pas une affaire de patrimoine mais elle est une
question sociale, politique, économique. Oui la prise en
compte de la culture occitane et de sa capacité
créative est bien plus que la satisfaction donnée
à un groupe de pouvoir s’exprimer dans son coin ;
il s’agit d’une politique culturelle qui prend un
sens très particulier dans un monde où
l’intolérance ne cesse de grandir.
Non, avoir une
vision différente de la façon dont on construit
nos villes, dont on gère le foncier, dont on consomme et on
produit, dont on gère l’énergie, parce
que l’on est en Occitanie n’est pas du
communautarisme ! C’est le droit légitime de
regarder le monde d’où l’on est, sans
enfermement.
Oui,
défendre des projets de promotion de la langue occitane en
affirmant que cette langue appartient à tous ceux qui vivent
chez nous est un acte politique qui cloue le bec de tous ceux qui,
avant même que nous ouvrions la bouche nous resservent leur
discours sur le communautarisme.
Oui,
s’engager dans une élection en tant
qu’occitaniste c’est dire que la
République est aussi à nous, et que ses valeurs
nous ne les abandonnons à personne, que nous leur donnons
tout leur sens, surtout pas en cette période où
les idées de la droite extrême se banalisent.
Oui, être
occitaniste c’est aussi s’interroger sur
l’organisation du pouvoir, sur le centralisme qui
régit nos transports, nos médias, les territoires
et donc bien des politiques touchant à la
préservation des espaces, à
l’énergie, à l’eau, au
changement climatique.
Il s’agit de savoir, selon moi, si les occitanistes croient
en la légitimité de leur combat et y croient
vraiment. Si oui, ils ne peuvent laisser vide le champ de la vie
publique et ne peuvent déserter les lieux de
décision. Certes nécessite de faire des accords
pour arriver à se trouver là où se
prennent un certain nombre de décisions qui ont un rapport
avec les revendications occitanistes. Et je rappelle qu’il
n’y a pas que la langue et la culture qui soient des
préoccupations communes aux candidats de BASTIR ! Le
programme des candidats de BASTIR ! va bien au delà
même si la question de la langue est un
élément majeur et transversal. Personne ne renie
le « Víver e tribalhar au país
» des années 70. BASTIR ! dit ces choses avec
d’autres mots et dans le contexte actuel.
Fòto
CLB
Dab BASTIR
! qu’avem assistit a la mesa en plaça
d’ua organizacion occitanista qui reivindica lo son
posicionament dens l’esfèra politica, shens, per
aquò estar un partit.
BASTIR
! en validar los sons candidats a Tolosa (Fòto) que vien
d’aviar un movement qui a per objectiu d’amassar
personas qui an decidit de faiçon pragmatica
d’entrar en la vita publica. Totas las personas qui
portaràn BASTIR ! dens la batalha municipala non son pas
d’acòrd sus tot. Qu’an originas e
caminaments diferents deu punt de vista ideologic. Mes qu’an
decidit de s’amassar entà participar a las
municipaus sus quauques punt concrets.
Qu’ei
lo Manifèst Occitanista (qui’s pòt
tostemps léger e signar http://www.manifeste-occitaniste.com)
qui a servit de basa entà recampar tot aqueth monde.
En sortir
de las eleccions municipalas que serà creada ua associacion
d’elegits occitanistas qui contunharà de har
víver la demarcha de BASTIR ! e qui tanben
servirà de lòc de tribalh e d’escambis
tà tots los elegits qui an ua sensibilitat occitanista. Que
poderà arcuélher tanben elegits qui
n’auràn pas hèit la campanha dab BASTIR
! mes qui an la volontat de portar projèctes qui son en
acòrd dab çò definit per BASTIR
!
E
serà un grop de pression ? Lhèu, mes abans tot un
lòc on s’exprimirà un occitanisme
integrat en la vita publica e responsable de quauques decisions locaus,
regionaus en matèria de politica lingüistica per
exemple.
Que
l’occitanisme s’interrògue
!
La
réparticion geografica de las candidaturas BASTIR ! que
deveré tanben interrogar l’occitanisme. Que i a ua
reparticion hòrt clarament concentrada a
l’Oèst deu país occitan.
Auvèrnha, Lengadòc, Provença, Lemosin
que son quasi absentas. Que’m sembla que tot aquò
s’ameritaré ua analisi. En tot cas que deu
questionar l’occitanisme associatiu e culturau.
(Fòto
CLB)
David Grosclaude.
Citer cet article : http://partitoccitan.org/archivas/article1080.html