En 1800, à
peine 2% de la population mondiale vivait dans une zone
urbaine. C’est
aujourd’hui
50% de la population qui vit en
milieu
urbain. Dans une logique de concurrence
internationale, les grandes mégapoles
souhaitent concentrer un maximum de pouvoir politique, financier,
intellectuel
pour peser sur la mondialisation.
Elles
regroupent ainsi des populations
de plus en plus importantes.
En Occitanie, c’est
plus de deux tiers de la population qui
vit en ville.
Le Partit
Occitan s’oppose
à
cette vision libérale d’affrontement
entre grande mégalopoles. Il
préconise
au contraire une vision du territoire équilibrée
avec un réseau
de villes moyennes.
Seule l’émergence
du
pouvoir régional,
comme c’est
le
cas dans la plupart des pays européens,
peut en effet veiller à
un aménagement du territoire équilibré entre
espace rural
et espace urbain. Les régions
sont devenues un échelon
pertinent pour porter un projet politique social, économique,
culturel et
environnemental.
Le gouvernement a proposé
une nouvelle organisation territoriale pour faire
travailler plus
efficacement les collectivités
locales. Les régions
sont confortées
dans un certain nombre de compétences
(aménagement du territoire, environnement, développement économique, innovation, transport), le département
l’est
moins (social, solidarité) mais il n’est
pas remis en cause quand il faudrait le
fusionner avec la région.
Au niveau intercommunal, c’est la création d’une
nouvelle collectivité
territoriale
à
statut particulier, la métropole, qui est largement détaillée. C’est tout le
paradoxe de cette loi,
qui critique le millefeuille territorial mais invente un nouveau statut
en
oubliant de simplifier les strates existantes.
Ce dispositif est complété
de façon
secondaire par
le pole métropolitain
et le pôle
d’équilibre
territorial et rural, remplaçant les « pays », abrogés en 2010.
L’émergence
des métropoles
va structurer la coopération
intercommunale avec des effets positifs
sur des territoires qui n’arrivent
pas à
la faire
aujourd’hui
(ex Aix-Marseille).
Mais le risque
est de voir
ces structures, qui concentreront des moyens importants, prendre le pas
sur la
région.
De plus, le long chapitre consacré
au Grand Paris dévoile
le modèle de développement dépassé qui
consiste à
croire que le développement de Paris profite à
l’ensemble des régions :
« La métropole
du Grand Paris est
constituée
en vue […]
développer
un modèle
urbain, social et économique
durable, moyens d’une
meilleure attractivité
et compétitivité
au bénéfice
de l’ensemble
du
territoire national »
La
réforme
territoriale
a été
saucissonnée
en 3 textes et c’est
la première
partie sur les métropoles
qui a été
votée
fin 2013.
Le 2ème
texte à
venir
sera celui des régions,
avant le 3ème
et dernier texte sur la clarification des compétences.
Le prochain
texte de loi
de décentralisation pourrait voir le schéma régional d’aménagement
et de développement du territoire revêtir un caractère
prescriptif et les régions
dotées d’un
premier pouvoir règlementaire.
Cependant,
attendons de
voir les arbitrages définitifs …
Il est
important de
noter que cette réforme arrive en pleine pénurie
d’argent public. Derrière la simplification, le gouvernement espère
pouvoir faire de nouvelles économies sur le dos des collectivités, ce qui n’est pas du goût
des élus locaux.
Il reste cependant à
ouvrir le débat sur la fiscalité.
Comment réfléchir
à
l’avenir
d’une
région,
à
sa fusion avec une
autre, si nous ne posons pas d’abord
la question des ressources qui peuvent être
gérés
par cette región
? En l’absence d’autonomie financière,
la région n’a pas la possibilité
de faire de la
politique, de proposer des
projets : elle devient une gestionnaire déconcentrée de mission déléguées par l’Etat.
Enfin,
c’est
sur le mode d’élection
que le
Partit Occitan tiendra à
rappeler la nécessité
d’appliquer
la proportionnelle à
des scrutins de
liste pour faire en sorte que les institutions soient en phase avec les
aspirations
des femmes et des hommes de nos régions.