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Le rapport sur l’école reconnaît "l’imposition de la langue française"

18 octobre 2012

REFONDONS L’ÉCOLE DE LA RÉPUBLIQUE - Rapport de la concertation p. 27

" Apprendre à vivre ensemble

Être citoyen, c’est vivre ensemble. Or, l’école française, en son sein comme dans son rapport avec ses partenaires du monde extérieur (collectivités territoriales, associations, entreprises), a encore du mal à gérer les différences de tous ordres : diversités culturelles et religieuses résultant de l’intégration de populations immigrées, bien sûr, mais aussi situations de handicap, normes sociales divergentes, ou encore hétérogénéité des pratiques professionnelles. C’est, trop souvent, davantage sur le mode de la cohabitation conflictuelle que du partage et de l’enrichissement mutuel que se vit à l’École le rapport à l’autre.

Ce problème n’est pas, n’en déplaise aux esprits chagrins, une nouveauté en France. Aux premières heures de la IIIe République, l’École ne fut-elle pas confrontée à l’assimilation des cultures régionales, à l’imposition de la langue française à des enfants qui étaient loin de la maîtriser et même de la parler à la maison ? [1]

Chaque enfant – mais aussi chaque enseignant – fut sommé d’abandonner sa culture régionale, familiale ou étrangère et sa singularité aux portes des établissements scolaires qui ne toléraient pas l’écart à l’égard de la norme.  [2]

Qu’on le déplore ou non, cette posture de l’institution scolaire n’est plus envisageable dans la société du XXIe siècle. [3] Il s’agit désormais de construire, comme l’atelier « citoyenneté et vie scolaire » l’a appelé, un « pluralisme raisonnable » [4], dans le cadre d’un ensemble de valeurs communes, fortes et structurantes, références centrales de la communauté nationale – au premier rang desquelles figure la laïcité. Cette question est d’ailleurs l’objet de la mission sur la morale laïque mise en place par le ministère.

Mais pour que ces valeurs, ces normes communes, soient appropriées par tous, la construction du collectif ne peut être exclusivement fondée sur l’imposition par le haut de normes standardisées. De nouvelles formes de solidarité horizontale interpersonnelle fondées sur l’échange, l’entraide, la coopération, le respect de l’autre doivent être mobilisées pour construire du lien social, éviter les frictions, et amener chacun à se ranger aux références qui fondent le bien commun.

Dans l’enceinte de l’École, cela doit notamment se traduire par la multiplication des dispositifs permettant de créer des relations interpersonnelles horizontales entre tous les acteurs de l’École (travail de groupe sur projet chez les élèves, tutorat entre élèves, échanges d’expérience entre enseignants, développement de collaborations entre l’éducation nationale et ses partenaires extérieurs, collectivités territoriales, parents…).

C’est par ce type de méthodes, bien davantage que par des cours magistraux, que l’École peut, par exemple, lutter contre les stéréotypes racistes, sexistes ou homophobes et apprendre aux élèves à refuser tous les types de discrimination."

http://multimedia.education.gouv.fr/2012_rapport_concertation/#/26/

[1Souligné par nous.

[2Souligné par nous.

[3Souligné par nous.

[4Souligné par nous.

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