Le projet de restauration des plantations du canal du Midi proposé par Voies Navigables de France se monterait à 200 millions d’euros (abattage : 68 M€ ; plantations : 54 M€ ; défenses de berges : 72 M€ ; protection : 6 M€).
Avec 190 M€ à trouver… car VNF n’a mis que 3M€ sur la table en 2012 et ne prévoit 7M€ pour 2013 !
Cependant, au-delà des platanes, c’est l’état général du canal, sa pollution, sa dégradation qui inquiètent usagers, professionnels et élus locaux.
En bref, quel avenir pour le canal du Midi ?
Sous la présidence d’Alain Gest (UMP), VNF poursuit en effet sa politique en faveur du « réseau magistral », délaissant le « réseau régional ».
Le réseau magistral ? Ce sont les 4100 km de voies d’eau « utiles au transport de marchandise ».
Le réseau régional, lui, regroupe les 2600 km dédiés au tourisme fluvial ayant « vocation à être décentralisés » explique VNF, appliquant là une politique décidée sous la droite.
Laquelle veut que l’’état soutienne la France fluviale du nord « rentable » mais qu’il essaye de se débarrasser sur les collectivités territoriales des canaux occitans, synonymes de lourdes dépenses pour peu de recettes.
Pour Robert Navarro (sénateur, PS), la « volonté de l’État […] de transférer un canal [du Midi] désormais à l’abandon, n’est pas étrangère à ce défaut de financement des investissements et d’entretien du canal ».
« Pour développer réellement le réseau, et rattraper notre retard, il faut aller beaucoup plus loin et se donner les moyens de réaliser nos ambitions. Il faut, dès maintenant, adopter une grande loi pour le développement des voies d’eau. Elle devra aborder entre autres, la réforme de la fiscalité des voies navigables », a plaidé pour sa part le sénateur Jean-Michel Baylet (PRG) en janvier dernier lors du débat sur le futur statut de VNF, soulignant « que les collectivités territoriales devront jouer un rôle important et être partie prenante ».
En 2013, Toulouse accueillera la Conférence mondiale des canaux...
(d’après ladepeche.fr)